LA FESSE LIBRE

Bernard F.

Novembre 2007

Lorsque l’on est invité à intégrer une société, on essaye de comprendre et pour comprendre, il faut définir. Qui peut être mieux placée que l’Académie française qui positionne chaque semaine quatre-vingts fesses exactement au même endroit et ce depuis 350 ans pour définir ce mot qui nous rassemble.

Voyons la définition de l’Académie française. FESSE nom féminin (ça commence bien) qui date du XIIIe siècle (ça on s’en fout). Issu du latin populaire *fissa, (d’où l’expression fissa, fissa. Ca c’est pas eux, c’est moi) « anus » et « fesses », pluriel neutre, pris pour un féminin singulier, du latin classique fissum, « fente », participe passé substantivé de findere, « fendre ». (Et on fait lire ça aux gosses).

  1. Chacune des deux parties charnues situées à l’arrière du bassin, qui forment le postérieur de l’homme. Se dit aussi de chacune des moitiés de la croupe de certains animaux mammifères (la poule.. de toute façon, c’est l’homme). Tomber sur les fesses. Petites, grosses fesses. Cet enfant se promène les fesses à l’air. Il a reçu une tape sur les fesses, un coup de pied aux fesses. Expr. fam. Être assis sur une fesse, être mal assis et, fig., se trouver dans une situation délicate, embarrassante. Vulg. Coûter la peau des fesses, coûter très cher. Serrer les fesses, avoir chaud aux fesses, avoir peur. N’y aller que d’une fesse, n’agir qu’à moitié. Avoir quelqu’un aux fesses, être poursuivi. Nous avions l’ennemi aux fesses. Avoir le feu aux fesses, être pressé ou, triv., rechercher les plaisirs sexuels.

Et bien, l’Académie française donne une définition limitée. Pour elle, il n’y a vraiment qu’un seul type de fesse. Pourquoi ignore-t-elle le terme fessu qui apparaît en 1230 et qui caractérise l’humanoïde qui possède de grosses fesses.

Et bien moi, c’est de cette fesse-là dont je veux vous entretenir. J’aimerais vous parler aujourd’hui de cette fesse large, épaisse et disons le mot grasse. De cette fesse que l’on voit sur la plage car on ne peut pas ne pas la voir. Quand je dis la voir, j’utilise le verbe voir et non l’auxiliaire, car ces fesses-là, on ne les mâte pas. Cette fesse que l’on ne peut pas ne pas voir, il est rare qu’on la regarde lui préférant le petit fessier musclé aux dents longues.

Personnellement, c’est cette fesse large qui m’intéresse. Vous trouverez peut-être qu’il s’agit d’un argument pro fesso et je vous le confesse volontiers, c’est un peu le cas.   Quelle est douce cette fesse élargie qui, lorsqu’elle vous cède sa place assise, vous a réchauffé l’intégralité du séant. Ce fessier que vous pouvez suivre car il ne vous essoufflera jamais.

Certes ce fessier vous met parfois dans des situations particulières.

Je déjeunais début novembre dans le plus vieux restaurant de Londres (un rêve de mon épouse). Nous nous étions déjà fait remarqué, devant la carte des vins, en commandant une bière.

Que voulez-vous un fessier épais nécessite un entretien particulier dans lequel le vin est improductif.

M’étant éclipsé pour un besoin tout à fait légitime, c’est d’ailleurs pourquoi on l’appelle ainsi, je reviens sur la pointe des pieds afin de respecter la sérénité de l’endroit.   Afin de regagner ma place, je me faufile et d’un léger pivotement destiné à positionner mon séant en vue d’un atterrissage sur canapé, je propulse le récipient qui contenait cette sauce à la menthe dont nos voisins devaient se régaler.

Afin d’observer l’étalement saucier, je repivote mon séant dans le sens opposé. Cette fois, c’est au tour du saumon de s’étaler et de rejoindre cette sauce qui lui était destinée. Nous étions sorry, mais je crains que la réputation des frenchies en ait encore pris un coup dans ce prestigieux restaurant.

Mais à côté de ces petits inconvénients bénins, la fesse épaisse vous offre moultes avantages.

Car une fesse large, ça se respecte dans une manif. J’ai souvent constaté qu’une fesse large incitait les Parisiens à vous laisser seul sur la banquette du métro.

C’est peut-être grâce à elle que vous resterez seul dans l’ascenseur en disant devant des quidams souriant parce que soulagés : « je vous le renvoie ». Je commence à sentir poindre l’envie. Comment faire ? Et bien je vous le dis : une fesse large, c’est possible ! Vous pouvez y arriver à condition d’y consentir les efforts nécessaires.

Le menu est simple, mais il faut pouvoir s’y tenir : mangez gras, mangez salé, mangez sucré. Les frites s’accompagnent de mayonnaise, les viandes de sauces et les légumes sont caramélisés. Buvez de la bière avant, pendant et après les repas. Grignotez les petits-fours salés ou, sucrés d’ailleurs. Mangez du chocolat belge. Saupoudrez votre glace de crème chantilly ! Ne sautez jamais de repas ! Un repas sauté et ce sont des kilos que l’on n’est pas sûr de retrouver.

Évitez les efforts trop physiques sources d’amaigrissement en respectant le travail ! Des gens se sont donné de la peine pour envisager les ascenseurs. Ils les ont conçus, construits, réparés parfois. Ils ne méritent pas que nous les snobions en prenant l’escalier.

Grossissez mes amis et vous constaterez que la fesse large est tolérante. Car une fesse large ne dit jamais non à une fesse étroite.

Et je terminerai en citant une phrase que j’ai entendue en 1982 dans un petit troquet liégeois où d’ailleurs mes fesses se sont épaissis pour atteindre leur grosseur de croisière.

Cet estaminet qui s’appelait le Molière où nous fêtions non pas le millénaire de la ville, mais le Tchantchès c’est-à-dire la bière du millénaire.

Cette phrase fut prononcée à un moment où pour remplir le verre de tchantchès, il fallait pencher fortement le tonneau. Cette phrase que je ne compris que récemment fut prononcée par Marcel Liben et disait : « vive la fesse… Vive la fesse libre ».




FESSES OU CERVEAU ?

Antoine C.

Juin 2009

 

A la Gloire du Grand Fessier Universel,

Chevalières, Chevaliers,

 

Notre petite planche est à entendre sous l’empire de la loi de 1992 mod. 1997, qui autorise la publicité comparative en tant que mise en comparaison de biens ou services, à dix conditions dont voici les plus contraignantes  :

1) – Être loyal et véridique.

2) – Ne pas induire en erreur le consommateur.

3) – Être objectif.

7) – Ne pas présenter les produits comme l’imitation ou la réplique.

Autant vous avouer derechef que mon propos frisera l’illégalité et lui apposera même des bigoudis.

 

A bas la matière grise ! Vive la matière rose !

Nous le montrerons : le cerveau est un succédané raté du fessier, un mauvais ersatz que le monde contemporain essaie de nous vendre comme l’ultime et sophistiqué rejeton de l’Évolution, que rien ne saurait surpasser. Pourtant, à y regarder de plus près, la matière rose l’emporte haut la main – si je puis dire – sur le pâté tremblotant et grisâtre que nous abritons sous notre toiture.

 

I.A.1.a. – Le cerveau est laid comme un cul de babouin

La comparaison est aisée. Les deux organes ont une structure commune, prenant la forme de deux hémisphères, à la fois séparés et rattachés par une fissure qui est la source de bien des maux dans un cas, et de force plaisirs dans l’autre. Au-delà, la comparaison prend la forme d’un chapelet d’antagonismes.

Le cerveau est d’une laideur infinie, semblable à un vieil et avare cerneau de noix qui aurait tourné en gélatine. Strié de veinules censées l’irriguer, il tient concours du plus grand nombre de circonvolutions, ces horribles ravines corticales dont personne ne voudrait dans son salon, même pour recevoir un importun.

Les fesses, elles, rayonnent d’une beauté et d’une générosité sans limite, telles un abricot pulpeux et doré. Les courbures subtiles de cette drupe sont exaltées par le grain de la peau, que viennent parfois sublimer d’heureux accidents. A-t-on vu grain de beauté ponctuer une cervelle ?

L’un fait grise mine, arbore une face hideuse et grimaçante, quand les autres s’offrent dans un éclat radieux. « Une ride unique » plaisantait Jeanne Calmant ? Non pas ! : l’ange au sourire vertical.

 

I.A.1.b. – Le cerveau est un paranoïaque se tenant en haute estime

Le cerveau n’est qu’une conserve périssable baignant dans son jus, comme une tranche de méduse au naturel. C’est un organe paranoïaque, qui vit continûment dans le noir, et se protège en permanence d’un casque d’ivoire que les motards redondants redoublent d’une coque de plastique molletonné. C’est que Môssieur craint les courants d’air.

Les fesses, d’une nature expansive, ne se suffisent que d’un fin triangle de coton imprimé et d’une caresse d’huile solaire, elles raffolent de l’air libre.

Car ­– vous l’avez compris –,

 

I.A.1.c. – Le cerveau est fragile comme une Rolex de contrefaçon.

Le moindre choc, et c’est un traumatisme ! On pourrit les urgences, on accapare internes et infirmières, on creuse le trou de la Sécu. Alors que, depuis des générations, les fesses se bottent sans dommage. Notez au passage que les coups de pieds au cul sont généralement prodigués, et ceci dans une injustice flagrante mais non dite, lorsque le cerveau a dérapé. Car le sommet de l’évolution déraille (il sort des rails), la machine parfaite déjante (elle sort des jantes), le cerveau déconne !

Comprenez, Chevalières et Chevaliers, que si le cerveau est si fragile, c’est qu’il n’est jamais qu’un vulgaire viscère qui se tapit dans une cavité, un mollusque.

A-t-on déjà ouï évoquer des AVF (Accidents Vasculaires Fessiers) ? Non pas. La fesse ne connaît ni l’épilepsie, ni le coma, à peine quelques ecchymoses en cas de coup dur. La fesse est robuste, et c’est à peine si elle minaude sous la morsure de l’aiguillon.

 

I.A.1….e. – Le cerveau est un usurpateur narcissique

Alors qu’il n’est que laideur organique et consomption atrabilaire, le cerveau jouit d’un intérêt incompréhensible, au détriment de la fesse, parfaite et joyeuse. Les scientifiques, notamment, l’ont élu comme terrain de choix pour leurs expérimentations, se trompant manifestement de cible. Le comble est atteint de la mise en abîme gigogne, quand nos savants étudient le cerveau de l’un des leurs. Ainsi, le viscère cérébral d’Einstein fut plongé dans un bocal, puis distribué en rondelles aux laboratoires. Pourquoi n’a-t-on pas conservé les fesses de Marlène Dietrich dans du formol ? Et pourquoi même – ne soyons pas sectaires – n’expose-t-on pas le popotin de Léonid Brejnev au musée ? Le cul des papes ?

Les artistes, ne s’y sont pas trompés, heureusement, et il existe de fort beaux marbres des hémisphères inférieurs de Diane ou d’Aphrodite.

 

Concluons

La fesse appariée avec symétrie est l’image généreuse d’un monde parfait dont le sillon central ne saurait scinder l’unité. Le cerveau, avec ses deux hémisphères, a été dessiné bien imparfaitement par l’évolution, d’après l’image d’une paire de miches. D’ailleurs, par la perfide action du temps – encore une invention du cerveau –, les fesses prennent la figure une cervelle. L’abricot pulpeux vire au vieux fruit sec. Le cerveau d’un nouveau-né ressemble à s’y méprendre au cul de la momie de Ramsès II.

Double rotondité suave qui se passe volontiers de circonvolutions, et dont la matière rose fut, lors de cette ébauche de triste copiste, sournoisement teintée de gris-neurone.

La fesse est à l’origine du monde. Rien n’est innocent dans son appellation de fondement. Le popotin est la forme archétypale du cosmos. L’univers est un cul, et le cul est un univers.

La Chevalerie du Taste-fesse me tient donc pour la docte académie des experts esthètes et ès-cul du monde et de ses lunes.

Partant, quelle émotion plus intense pour le simple adorateur que je suis, que de me présenter près votre chapitre, en espérant indulgence et hospitalité à mon endroit… et à mon envers.




MON CUL …

Annie T

12 Avril 1996

Mon cul…

Si vous me voyez très émue

Aussi nerveuse aussi tendue

C’est qu’aujourd’hui, voici mon but

Je vous parlerai de mon cul.

Car vous ne l’avez jamais vu,

Sauf quelques uns, bien entendu.

Les amis qui l’ont entrevu

Disent qu’il est trop mamelu,

Peut-être même un peu joufflu,

D’autres le jugent distendu,

Distordu, triste et trop charnu,

Moi, je le trouve bien pourvu

Et si vous le voyiez dévêtu

Vous aimeriez ce cul tout nu.

Car s’il a l’air tout court vêtu,

Si candide et si ingénu,

C’est qu’il se trouve méconnu

Car il n’est pas si mal fichu.

A ma naissance il apparut

Si frais, si rose et si dodu

Que tout le monde l’embrassut (c’est pour la rime)

Messieurs, alors n’hésitez plus

Venez voir ce joli fendu

Embrassez-le et convaincus

Vous y deviendrez assidus

Et vos nanas seront cocues.

Mais cela je m’assois dessus.

Alors je n’en dirai pas plus,

Je pense avoir bien débattu,

Et lors vous tournerai le cul

Je m’en irai assez fourbue

D’avoir fait ce travail ardu

En espérant qu’il vous ait plu.

 




DERRIERES

Alain B

Juin 2007

 

Grand  Maitre , mesdames , mesdemoiselles , messieurs

Que serait l’homme sans la fesse  ?  Il serait perdu ne sachant pas ou mettre les mains .

Ces fesses si douces comme une peau de bébé délicatement vêtues ; d’un shorty en dentelle , d’un coton classique , d’un string noir  ou d’une ficelle en vinyl  . . . A chacune sa féminité .

Dès les beaux jours , fesse-tival de robes légères qui dévoilent ces rondeurs , un fesse-tin pour les yeux . . .

Certains préfèrent les gros seins , Moi j’aime les fesses ,qu’elles soient petites , charnues , rondes , discrètes , appétissantes a croquer . . .

A votre avis , à quoi pense le boulanger lorsqu’il pétrit affesstueusement la pate du pain ? Et qu’il en fait de belles miches . A sa femme , a la femme du boucher , de l’épicier ? ? ? Mais non il pense aux belles fesses de ses clientes . . .

Nous aimons tous regarder les femmes dans les yeux , surtout quand elles nous tournent le dos  . . .

Pour conclure , rendons hommage au photographe  JEAN-LOU SIEFF (malheureusement décédé ) qui a donné ses lettres de noblesse aux fesses dans un livre intitulé  » DERRIERES  » ou il n’y a que des photos de fesses .




LA FESSE

Agnes D.

Novembre 2010

FESSES : Nom féminin (et oui, messieurs ! les femmes ont encore frappées !) désignant la partie charnue des deux masses sises à la partie postérieure du bassin. C’est ainsi qu’est définie la fesse dans le dictionnaire.

 Cependant, il est possible de désigner cette noble partie par bien d’autres termes : croupe, derrière, cul, pétard, popotin, fessier, postérieur, croupion, séant, trône…

 Selon la personne qui en parle ou l’évoque elle peut prendre différentes connotations : à la fois festive, joyeuse (elle a la fesse rigolote), dramatique, sexuelle, graveleuse, anatomique, médicale, héréditaire mais l’important est dans parler.

 Quelques fois cachée, d’autres fois exhibée, parfois chérie ou vénérée, haie, enviée, la fesse a son importance. Servant à la fois de faire valoir (il suffit de regarder l’expression de ces messieurs devant un joli galbe fessier et nous mesdames ne sommes pas en reste : quoi de plus sympathique à regarder qu’une belle paire… de fesses masculines moulées dans un joli jean), de fantasmes, de cauchemars quelque fois (mon Dieu, quand je pense que lorsque j’étais petite on me disait « elle a la bouille on dirait les fesses de sa grand-mère ! imaginez les ravages psychologiques chez une enfant sachant que sa mamie fait plus de 130 kilos !), de coussin (n’oubliez pas qu’il s’agit de la partie charnue) et de point d’équilibre (et oui ! sans ce cher fessier chute en avant assurée !).

 Info du moment : la mode est au remaniement, mais pas gouvernemental, c’est-à-dire se faire refaire le popotin à grands coups d’implants… quelle bizarrerie…ont a les fesses que l’on a et grand bien nous fesses… euh, nous fasses.

 Que ceux qui tastent en toute liberté la multitude de croupes existantes et à porter de mains puissent trouver ce qu’ils cherchent et continuer à faire vivre ce joli mot qu’est la fesse.